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Le décathlon des championnats d'Europe aura lieu ces mercredi et jeudi
Le décathlon des championnats d'Europe aura lieu ces mercredi et jeudi

Romain disputera le décathlon des championnats d'Europe d'Amsterdam mercredi et jeudi.

Retrouvez ci-dessous une interview qu'il a accordée au site web du journal L'Equipe

S'il ne réalise pas les minima olympiques à Amsterdam, Romain Barras (36 ans) mettra un terme à sa carrière à l'issue du décathlon des Championnats d'Europe. il aborde la compétition avec plaisir, lui qui revient au haut niveau après cinq années gâchées par des blessures à répétition.

«Les minima olympiques sont-ils votre objectif numéro un à Amsterdam ?

Non il n'y a pas d'ambition première, il y a des Championnats d'Europe à faire. Ça fait cinq ans que je ne suis pas venu en sélection en équipe de France. Enfin, j'en ai fait une l'année dernière en coupe d'Europe d'épreuves combinées, mais cette année c'est un grand Championnat, ça va être encore différent. Soit le 10 juillet, pour moi l'athlé c'est terminé, soit après les Jeux. Là, c'est profiter de chaque instant qu'il me reste, savourer comme il se doit. C'est ma deuxième vie athlétique. La chance d'avoir une deuxième vie c'est qu'on se rend compte de la valeur de la première. Quand j'étais dans ma première vie athlétique, j'étais tellement dans le truc, la tête dans le guidon, je me disais presque "ce qui m'arrive c'est normal". Quand tu en es privé pendant quelques années, quand tu reviens, la saveur des choses, tu la goûtes vraiment différemment. J'ai la chance depuis deux ans de pouvoir goûter vraiment à tout différemment, avec énormément de satisfaction, d'émotion. Tout est exacerbé. Les émotions à l'entraînement, le partage avec les copains, profiter rien que des rayons de soleil sur le stade pour s'entraîner. Sans douleur. Quand tu t'entraînes tous les jours, tu ne te rends pas compte que c'est énorme. C'est vraiment énorme.

Aujourd'hui, vous prenez le temps de profiter...

Tu profites tout court. De tout ce que t'offre le sport de haut niveau. Faire un lancer de poids, voir ton poids partir, sentir que tu fais une perf, c'est jouissif. Ça, quand pendant cinq ans tu en es privé parce que tu as mal partout, que quand tu essaies de lancer un poids tu as l'impression qu'on te coupe le bas du ventre avec une lame de rasoir... C'est moins jouissif.

Comment vivez-vous le fait que mercredi vous pourriez débuter le dernier décathlon de votre carrière ?

Je le vis bien. Mon objectif en revenant c'était de pouvoir choisir quand je m'arrêterai, et ne pas avoir mon corps qui me dit « tu t'arrêtes là, tu as trop mal, tu dois arrêter. » Aujourd'hui, je suis revenu et j'ai choisi quand est-ce que je m'arrête. Cette année je m'arrête. Si c'est à Rio, tant mieux. J'ai le potentiel pour faire les minima, je les vaux. Après entre avoir le potentiel et les faire... Un décathlon c'est encore autre chose que les autres disciplines de l'athlétisme parce qu'il y a dix chances de se planter. Quand on est sur une quête de minima, qui sont assez élevés, si on se plante sur une épreuve, c'est dur de se refaire derrière.

Pourquoi avez-vous décidé d'arrêter cette année ?

Parce qu'à un moment il faut s'arrêter. Parce que j'ai des gens dans l'équipe de France dont je pourrais être le papa. Je choisis de m'arrêter parce qu'à trente-six ans, j'avais jusqu'à maintenant la chance d'avoir la confiance de mon directeur de fac, qui me détachait à mi-temps. Il m'a embauché en 2011, je faisais les Jeux de 2012 en étant détaché à mi-temps et après je reprenais mon poste. Je lui ai expliqué que 2012 j'étais blessé, que je voulais continuer un petit peu parce que je ne voulais pas arrêter sur une blessure, il a compris. A un moment tu tires sur la ficelles, tu tires sur la ficelle, tu arrives à 2016... Il faut avoir l'honnêteté de savoir s'arrêter. Place aux jeunes (rires).

Vous serez donc professeur dès la rentrée...

Oui ce sera une de mes activités, prof à la fac à Montpellier en STAPS. Je suis aussi associé dans une boîte de préparation physique. Elle s'occupe de l'équipe de France de volley, la team Yavbou, elle s'occupe du Montpellier Handball... Et puis j'ai toujours mon rôle de consultant sur BeinSport. Tant que ça continue, je m'éclate.»

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